On mange, on essaye juste histoire de tenir un peu plus longtemps dans la soirée. On se prépare à absorber ce qu'on va avaler d'incorrect. Cette délicate formalité faite, nous commençons. La débauche, la soirée. Les heures sont rythmées par le nombre de verres, de clopes, de joints, de refrains hurlés. Titubant à demi évanoui, les habitants de la nuit, vont jusqu'à leurs limites. La limite de la décence dépassé, il finira nu dans un champ, elle braillera qu'il faut le chopper tous ensemble si l'on veut qu'il finisse a poil, il sera en trans sous une pluie de pop corn, elle finira dans un arbre perché, il dansera désarticulé, elle rira, il pleura, elle pensera a lui, & il tombera. Ils parleront dans un langage inarticulé, des sourires forcés, des larmes inappropriées. Ils se taperont dans le dos en se remémorant les écarts du weekend dernier & ceux du soir même en gloussant, ils vivront & s'amuseront. Jusqu'à ce que le maquillage coule le long des joues moites, de la bouche sèche, jusqu'à ce que l'on rejette ce qu'on a avalé d'incorrect & ce, malgré notre rituel du diné de la veille, notre corps n'a pu accepter nos dépravations en tout genre. On se divertira, jusqu'à ce qu'on ne puisse plus supporter cette tenue & ces chaussures qui non plus aucun sens finalement, jusqu'à ce que nos jambes ne nous portes plus, jusqu'a ce que la musique résonne dans nos têtes comme un bruit sourd & désagréable dénué de sens. Dans un dernier effort tu rampe dans un endroit qui te parait à l'abri, tu les aperçois, elles sont dans la pièce du fond. Tu te traine jusque dans leur lit, au chaud, à la nuit, en sécurité. Tu parle, tu ris, tu fais le bilan. Ce n'était pas dégueu ce soir. & le weekend prochain, encore. On mangera, on essayera ...